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À la découverte de la "Passion Economy"

23 mai 2020·4 min de lecture·Romain

Cours de yoga en ligne, podcasts de niche, artisans sur Etsy, newsletters payantes sur Substack. Ce que ces choses ont en commun, c'est une logique économique qui s'est imposée progressivement depuis le milieu des années 2010 et que le Covid a accélérée : la passion economy.

L'idée de base est simple. Les plateformes numériques ont abaissé à presque zéro le coût de distribution d'un contenu ou d'un service. Ce qui était réservé à des structures avec des locaux, des équipes, un budget marketing est devenu accessible à une personne seule, depuis chez elle, avec un micro et une connexion.

En quoi c'est différent de la gig economy

La gig economy (les Uber, Deliveroo, et petits boulots) repose sur une main-d'œuvre interchangeable. Tu exécutes une tâche définie par une plateforme, ton identité n'a aucune importance, et ton revenu est plafonné par le nombre d'heures que tu peux mettre.

La passion economy fonctionne à l'inverse. Ce qui a de la valeur, c'est précisément ton point de vue, ta façon d'enseigner, ton expertise particulière sur un sujet que tu maîtrises mieux que la moyenne. L'individualité n'est pas un défaut à effacer, c'est le produit.

Le plafond de revenus change aussi. Un cours de yoga en studio tient à la capacité de la salle et aux heures dans une journée. Un cours enregistré peut être vendu mille fois sans coût marginal supplémentaire. C'est ce qu'on appelle un modèle scalable et c'est ce que beaucoup de créateurs découvrent progressivement.

Ce que ça suppose concrètement

La passion economy ne fonctionne pas juste parce que tu as une passion. Elle fonctionne quand cette passion rejoint un problème réel que d'autres ont. La jonction entre ce que tu sais faire et ce que quelqu'un cherche, c'est là que quelque chose de viable se construit.

Dans ce cas précis, trois questions méritent d'être posées avant de se lancer :

À qui tu parles. Pas "tout le monde qui s'intéresse à X", mais un segment précis avec un problème précis. Les groupes Facebook, forums, communautés Reddit donnent souvent une idée plus précise que l'intuition.

Comment tu transmets. Écrit, audio, vidéo, live, asynchrone — chaque format a ses contraintes et ses avantages. Ce n'est pas un choix esthétique, c'est un choix stratégique selon là où est ton audience et ce que tu peux tenir dans la durée.

Comment tu monétises. Formation payante, abonnement, partenariat, consulting adossé à du contenu gratuit. Les modèles ne sont pas équivalents selon le type de relation que tu veux construire avec ton audience.

J'ai aidé une sophrologue à démarrer un podcast et des vidéos YouTube. Audience plus petite qu'un studio, mais engagement bien plus fort — et la possibilité de revendre le contenu en replay. Ce n'est pas exceptionnel comme résultat, mais c'est ce que le modèle permet quand il est appliqué de façon cohérente.

Ce que j'en pense

Je ne crois pas que tout le monde devrait monétiser sa passion. C'est souvent un bon moyen de transformer ce qu'on aime en quelque chose de contraint.

Mais je crois que de plus en plus de gens ont des compétences ou des points de vue qui ont une valeur réelle pour d'autres — et que les outils pour le distribuer n'ont jamais été aussi accessibles. La barrière, aujourd'hui, est rarement technique. Elle est dans la clarté sur ce qu'on apporte, à qui, et dans quelle forme.

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