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La routine, une amie qui vous veut du bien ?

22 mars 2026·Mis à jour le 28 avril 2026·4 min de lecture·Romain

La routine n'a pas très bonne presse.

Dans l'imaginaire collectif, elle renvoie souvent à quelque chose de terne, de rigide, d'un peu triste même. Quelqu'un qui a ses habitudes serait forcément moins libre, moins spontané, moins vivant. Comme si la routine disait déjà quelque chose d'un renoncement.

Je trouve cette lecture un peu trop rapide.

Parce qu'en pratique, la routine n'est pas toujours l'ennemie du mouvement. Elle est souvent ce qui rend le mouvement possible.

La routine sert d'abord à structurer

Il y a des périodes de vie où l'incertitude devient tellement présente qu'on ne sait plus très bien sur quoi s'appuyer. On ne peut pas se projeter loin. On ne sait pas quand certaines choses vont se débloquer. Et à force, tout devient plus flou, y compris notre rythme intérieur.

Dans ces moments-là, la routine ne règle évidemment pas le fond du problème. Mais elle peut redonner une structure minimale, ce qui est déjà beaucoup.

Se lever à peu près à la même heure. Aller marcher. Faire son marché le dimanche. Garder un moment de sport. Préparer certains repas. Revenir à quelques repères simples.

Ce n'est pas spectaculaire. Mais cela redonne une forme.

Une bonne routine réduit la charge mentale

On surestime parfois le charme de la flexibilité permanente.

Décider sans cesse fatigue. Renégocier les mêmes petites choses encore et encore fatigue aussi. Une routine bien pensée permet justement de retirer de l'énergie dépensée sur le répétitif pour la remettre sur ce qui mérite vraiment de l'attention.

Dit autrement, elle automatise une partie du simple pour libérer de la place pour le moins simple.

Je crois que c'est pour ça que certaines habitudes nous font du bien. Pas parce qu'elles rendent la vie plus étroite, mais parce qu'elles évitent qu'elle devienne un chaos de micro-décisions.

La routine protège aussi un certain équilibre

On l'a vu de manière assez évidente dans les périodes de confinement : quand les rythmes sautent complètement, beaucoup d'autres choses sautent avec eux. Sommeil, énergie, humeur, sensation d'élan, rapport au temps.

Les professionnels de santé l'ont rappelé à ce moment-là, parfois de manière très simple : garder des heures de lever et de coucher relativement stables, continuer à bouger, maintenir quelques points d'ancrage.

La routine joue alors presque comme un refuge. Pas un refuge au sens de fermeture au monde, mais au sens d'un cadre minimal qui empêche tout de se déliter en même temps.

Le problème n'est pas la routine, c'est la routine subie

Évidemment, toutes les routines ne se valent pas.

Une routine peut devenir vide, rigide, mécanique, voire servir à éviter de vivre ou de choisir. C'est là qu'elle devient étouffante.

Mais une routine choisie, ajustée, au service de quelque chose, n'a rien à voir avec ça. C'est plutôt une architecture légère qui soutient une manière de vivre.

Si on prend l'exemple du sport, de la musique, de l'écriture ou de l'apprentissage d'une compétence, on voit assez vite que la régularité compte plus que l'intensité ponctuelle. Ce n'est pas très glamour, mais c'est souvent comme ça que quelque chose se construit.

Ce que la routine permet au fond

Au fond, je ne crois pas que la routine soit l'opposé de la liberté.

Je crois plutôt qu'elle peut être ce qui évite de gaspiller sa liberté dans des arbitrages sans fin, ou dans des journées si ouvertes qu'elles finissent par ne contenir aucune direction.

Une bonne routine ne doit pas prendre toute la place. Elle doit simplement tenir certaines choses pour que vous puissiez mettre votre énergie ailleurs.

C'est sans doute moins séduisant qu'un grand discours sur la spontanéité. Mais dans la vraie vie, cela aide souvent davantage.

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